Emir Kusturica, au cours de sa longue carrière, a annoncé et s'est lancé sur divers projets qu'il a abandonnés, mis de côté ou pas terminé, après y avoir travaillé plus ou moins longtemps. En voici quelques uns…
En mars 2010, lors d'un déplacement à Erevan, Emir Kusturica a indiqué vouloir réaliser un film sur l'Arménie, dans le futur.
Source : panarmenian.net
En novembre 2009, Emir Kusturica annonce à la presse italienne qu'il a en projet de réaliser un road-movie en territoire palestinien, intitulé “Cool Water”. Il commencerait le tournage dès le mois d'avril 2010. Il s'agirait de l'histoire d'un strip-teaseur palestinien de Berlin, de retour au Moyen-Orient pour les funérailles de son père et le mariage de son frère. Les quelques kilomètres séparant Gaza de Ramallah deviendront pour lui le voyage d'une vie, devant faire face à de multiples péripéties. Cela s'annonce comme un road movie bizarre, poétique et truculent.
Source : lastampa.it
En janvier 2010, Emir Kusturica confirme ce projet, et l'on apprend que le scénario est de Gabriel Bornstein, que Thierry Arbogast sera directeur de la photographie et que le film sera co-produit par Johnny Depp.
En novembre 2009, Kusturica annonce à la presse italienne qu'il prévoit de réaliser en 2012 un film sur Giuseppe Verdi, et qui devrait être intitulé «Verdiana», le nom d'une ville imaginaire, une sorte d'Atlantide qui rappelle un célèbre film de Luis Buñuel. L'emplacement sera un théâtre, la Fenice de Venise, qu'envahit un commando de terroristes. Actuellement nous ne savons pas grand-chose, sauf que, déclare Kusturica, ce sera une petite surprise 'verte de la tête aux pieds'.
Source : ilsecoloxix.it
Fin 2008, la presse serbe et russe s'est fait l'écho d'un projet de reportage sur l'Ossétie par Emir Kusturica. En effet, lors de son récent déplacement à Moscou, Emir Kusturica se serait intéressé de près au conflit en Ossétie, qui oppose la Georgie et la Russie. Le film se baserait sur les travaux de Fatima Salkazanova, journaliste basée à Paris. On pourra lire, sur ce sujet, l'article du magazine serbe Blic : blic.rs (en anglais). Peu de détails concrets ont filtré sur ce projet, mais Emir a assuré vouloir d'abord réaliser son projet en cours “Les Sept Amis de Pancho Villa”.
En octobre 2009, Emir Kusturica est retourné en Ossétie du Sud et y a été accueilli avec bienveillance. Il a même passé le rituel d'initiation pour devenir un cosaque. On lira, à ce sujet, un autre article du magazine serbe Blic : blic.rs (en anglais).
Cependant, peu de temps après son déplacement, Emir Kusturica a rappelé dans la presse qu'il était lié, pour les quatre prochaines années, avec un contrat pour le film Pancho Villa, ce qui l'empêchait de réaliser ce documentaire. Ce projet risque donc bien de rester dans le tiroir.
Le point final de ce projet a été donné en janvier 2010, lors de la visite à Moscou où Emir Kusturica, interviewé par les medias russes, a confirmé qu'il ne ferait pas ce projet. Source : news.az
Le Saint-Marinais Vladimir Gruska a annoncé à la presse italienne en mars 2008 qu’il allait produire un film d’animation sur l’histoire de sa petite république enclavée. Emir Kusturica aurait accepté d’en superviser la mise en scène. Les autres collaborateurs de ce projet seraient Anders Thomas Jensen, scénariste danois oscarisé, Zoran Janjetov (auteur de bandes dessinées qui a collaboré notamment avec Alejandro Jodorowsky sur Avant l’Incal et les Technopères) et Rajko Milošević-Gera (dessinateur et animateur chez Warners Bross). Il s’agira du premier film produit par la république de Saint-Marin.
Emir a déclaré en juin 2007, dans une interview accordée à “Russian Gazzeta”, qu'il aimerait faire un film sur Pancho Villa, le célèbre hors-la-loi devenu général durant révolution mexicaine. Il a expliqué qu'il admirait son combat pour la liberté et que cela irait bien avec son style de films…
En février 2009, les producteurs français Fidélité ont annoncé la mise en chantier du prochain film d'Emir Kuturica sur le révolutionnaire mexicain. Le titre du film serait “Les Sept amis de Pancho Villa et la femme aux six doigts”. Gordan Mihić et Emir Kusturica travaillent en ce moment sur le scenario, inspiré d'un roman de James Carlos Blake. Paru en France en 1999, le livre explore la vie de Pancho Villa du point de vue de son lieutenant Rodolfo Fierro, entre fiction et faits réels. Il raconte les grandes heures des campagnes révolutionnaires du “Centaure du Nord” tout en remettant en cause son engagement parfois impitoyable. Javier Bardem est toujours pressenti pour tenir le rôle principal. Le tournage du film devrait commencer fin 2009 ou début 2010.
Mais depuis, les choses ont évolué.
Voici les dernières informations connues sur le projet :
En janvier 2010, Johnny Depp déclare : ”Je voudrais que le tournage commence dès que possible, parce que j'ai peur qu'Emir change d'avis et me vire (rires). Quand il m'a dit qu'il voulait que je joue le rôle de Pancho Villa, j'ai pensé que le meilleur choix pour ce rôle serait un acteur mexicain, parce que Villa est un héros national. Toutefois, connaissant Emir, je suis sûr qu'il a une vision claire dans son esprit. J'ai visité le grand studio construit par Kusturica à Mecavnik où le tournage aura lieu, j'ai lu le scénario et je ne peux plus attendre pour démarrer le tournage. J'en attends beaucoup et je vais essayer de ne pas décevoir mes fans.” Source: blic.rs
Pendant les répétitions pour l'Opéra "Le temps des Gitans" à Paris, en mai 2007, Emir Kusturica a déclaré à des journalistes qu'il adorait ce travail particulier de mise en scène, et qu'il aimerait bien monter un jour un autre de ses films Chat Noir, Chat Blanc en opéra, mais à New York…
Lorsqu'il travaillait sur l'adaptation de l'Opéra "Le temps des Gitans", Gordan Mihić a déclaré dans Blic (journal de Serbie) qu'il était également en discussions avec Emir Kusturica pour démarrer l’adaptation du roman “L’Automne du Patriarche” de l'écrivain cubain Gabriel Garcia Marquez.
Emir Kusturica s'était même rendu personnellement à Cuba le 28 novembre 2005 pour rencontrer Gabriel Garcia Marquez, et discuter de sa vision du livre.
Il n'a pas reparlé de ce projet depuis.
Lors d'une masterclass à la FNAC Ternes (Paris) en mai 2004 (pour la sortie de La vie est un miracle) , Emir Kusturica a promis qu'un de ses prochains films serait tourné en France, en langue française. Il avait même déjà un scenario : l'histoire se passerait au Moyen-Age (une époque - selon ses propres mots - qu'il est bien à l'aise pour comprendre), autour d'un homme et d'une forêt.
On n'a jamais plus entendu parler de ce projet par la suite.
Edouard Limonov est un écrivain politique franco-russe qui participa au mouvement des dissidents dans les dernières années de l'URSS. Cela entraîna son exil aux USA, puis en France où il collabora à des journaux communistes (L'Humanité) et nationalistes (Le Choc du mois). Revenu en Russie, l'écrivain a fondé sous la direction d'Alexandre Douguine le Parti national-bolchévique (PNB). Après avoir rompu avec ce dernier il a eu un comportement fortement provocateur qui l'a conduit à purger quatre ans de prison, Limonov a été libéré sous la pression d'une campagne internationale.
Emir Kusturica n'avait pas encore terminé le tournage de La vie est un miracle qu'un article paru dans le magazine serbe NIN parlait de son prochain projet : un film musical sur la vie d'Eduard Limonov, l'écrivain russe controversé, auteur de best-sellers écrits depuis sa prison.
On n'a jamais plus entendu parler de ce projet par la suite.
A plusieurs reprises, Le Pont sur la Drina, le chef d'oeuvre d'Ivo Andrić a travaillé l'imagination d'Emir Kusturica. Ainsi, en 1985 déjà, après sa première victoire à Cannes pour Papa est en voyage d'affaires, puis encore après Arizona Dream, il a souhaité raconter l'histoire de son pays en s'appuyant sur ce roman culte.
Le travail sur l'adaptation a été mené pendant un temps significatif, car Emir Kusturica en a parlé à plusieurs occasions à la presse avec beaucoup d'enthousiasme.
”Ce sera le plus grand film yougoslave jamais réalisé” disait-il en 1993.
Malheureusement, il du renoncer. L'histoire s'avéra impossible à adapter. Trop de personnages, histoire trop étalée dans le temps, et surtout : pas de producteur pour accepter de réaliser ce gros projet en langue serbe… Des journalistes l'ont à plusieurs reprises questionné à nouveau sur ce sujet, et aujourd'hui, il semble avoir totalement abandonné l'idée.
Le sujet a ressurgi dans une interview de Dr. Nele Karajlić en 2008 où il évoque la possibilité d'un opéra basé sur ce livre, puis en février 2009, où Emir Kusturica tient une conférence de presse à Küstendorf avec le ministre serbe de la culture Nebojsa Bradic, pour annoncer son intention de réaliser une adaptation sous forme de “film-opéra” du monument de la littérature yougoslave. Pour ce projet, il compte utiliser une technique mixte de vues filmées sur place à Visegrad (en Bosnie, à quelques kilomètres de Küstendorf) et de spectacle vivant. Mais chaque chose en son temps, le livret et la musique doivent d'abord être écrit, ce à quoi s'attellerait toute une équipe , dont Emir Kusturica, Nele Karajlic et le No Smoking Orchestra. Coproduction internationale, le projet souhaite également la collaboration de la Turquie, au titre de l'héritage culturel de l'Empire Ottoman dans les Balkans. Emir Kusturica espère que ce projet verra le jour en 2011, année du jubilé des cinquante ans de l'attribution prix Nobel à Ivo Andrić. Sur ce projet, le ministre a déclaré que ”le roman réunissait le passé, le présent et le futur. C'est notre Ancien Testament à nous. Je sais qu'Ivo Andrić s'était opposé à l'idée d'adapter ses uvres en raisons de mauvais souvenirs, mais je crois vraiment qu'avec une sérieuse préparation on pourra surmonter les obstacles.”
En mars 2009, il confirme encore ce projet, dans une autre interview donnée à Vrcenje Novosti.
En novembre 2009, après avoir donné un concert à Banja Luka, Emir Kusturica a rencontré les autorités de la Republika Srpska. Ces derniers ont annoncé souhaiter contribuer au financement du projet, pour faire de la zone Višegrad-Küstendorf une zone touristique majeure. Source : rtv.rs
Après Super 8 Stories, l'un des premiers projets dont a parlé Emir Kusturica fut Le Nez, l'histoire rocambolesque d'un acteur de théâtre qui, juste avant d'interpréter sur scène le rôle de Cyrano de Bergerac, se fait casser le nez par des mafiosi russes. Il a souvent parlé de ce projet avec beaucoup d'enthousiasme avant de finalement concrétiser La vie est un miracle. Dans une interview donnée en 2001, Emir Kusturica raconte même qu'il en est déjà à plus d'un an et demi de travail sur ce projet, que Dušan Kovačević en a écrit un scénario très satisfaisant, et que Miki Manojlović est déjà prévu au casting…
On n'a jamais plus entendu parler de ce projet par la suite.
Après avoir joué dans La veuve de Saint-Pierre, Emir Kusturica a plusieurs fois parlé de tourner un film avec Daniel Auteuil qui s'appellerait Le roi de Suède un dimanche après midi sur sa bicyclette verte. Ce projet a été abandonné quand Chat Noir, Chat Blanc, qui ne devait être qu'un court documentaire sur les musiciens tsiganes du film Underground, s'est transformé en un long métrage.
Juste après Le temps des gitans, Emir Kusturica a envisagé de retravailler à New York et d'adapter le fameux livre de Dostoïevski Crime et Châtiment en transposant l'histoire à l'époque acuelle à Brighton Beach, près de New York, un quartier peuplé majoritairement d'immigrants russes. Johnny Depp devait faire partie du casting : Raskolnikov se serait métamorphosé en un bassiste dans un groupe de rock. Cependant, c'est Arizona Dream qu'il a décidé de tourner aux Etats-Unis. Et même lorsqu'il a commencé le travail sur Underground, Emir parlait encore de ce projet comme de son vrai grand projet qu'il ferait après la “parenthèse” d'Underground.
Il y eut beaucoup de travail effectué sur ce film, à tel point qu'Emir Kusturica l'a trouvé symptomatique de ses nombreux projets avortés. Après L'Homme de la Riviera, il a ainsi dit qu'il aimerait bien en faire un film qu'il appellerait Pourquoi je n'ai pas réalisé Crime et Châtiment, et Nick Nolte devait y tenir le premier rôle…
On n'a jamais plus entendu parler de ce projet par la suite.
Longtemps, des rumeurs ont circulé sur une adaptation du roman The White Hotel de D.M. Thomas, par Emir Kusturica. Cette histoire sur la psychanalyse était en fait une commande des studios hollywoodiens. A l'époque où Emir Kusturica donnait des cours à la Columbia University de New York, Emir avait déjà été approché par les studios hollywoodiens, sur différents sujets, et plusieurs discussions houleuses, Emir avait claqué la porte, préférant travailler sur son propre projet, qui est devenu Arizona Dream.
Le projet White Hotel est revenu sur la table en 1997, après l'abandon de David Lynch. Beaucoup de noms de grands acteurs avaient été cités, pendant les négociations avec Emir Kusturica : aux côté de Johnny Depp on parlait de Nicole Kidman, Juliette Binoche, Kate Winslet, Cate Blanchett, Frances McDormand, Holly Hunter, Lena Olin, ou même Irène Jacob. Dušan Kovačević avait même fait une adaptation du scenario de Denis Potter en transposant l'action à Berlin au lieu de Vienne et en remplaçant le personnage de Freud par un jeune psychanaliste. Giuseppe Rotunno, le cameraman de Federico Fellini devait même être directeur de la photo. Cependant, le projet a du faire face à de nombreuses difficultés financières, et aujourd'hui il est définitivement abandonné par Kusturica.
Avant Kusturica, il avait été proposé à Terence Mallick qui l'avait refusé également, et après lui, on l'a proposé à Pedro Almodovar, David Cronenberg et enfin Simon Monjack, mais à ce jour, le film n'a toujours pas été réalisé.
L'auteur du roman, DM Thomas, a publié un livre “Bleak Hotel” racontant, justement l'accumulation de mésaventures qu'a rencontré l'adaptation au cinéma. A propos de la période où Emir Kusturica devait le réaliser, il raconte : ”J'ai eu une vision : un hôtel blanc qui se tenait comme par magie au bord d'un lac en Serbie, avec des montagnes enneigées dans le fond… Mais en mars 1999, les forces de l'OTAN ont bombardé la Serbie. Le fils de Kusturica a failli mourrir quand une bombe a explosé à 35 mètres de lui à Belgrade. Exit Emir, donc, que l'on peut comprendre fâché contre l'Ouest, et spécialement contre les Etats-Unis.”
On lira des extraits du livre sur le site times.co.uk
En décembre 2009, avec la mort prématurée de l'actrice Brittany Murphy, également compagne du réalisateur Simon Monjack, on commence même à parler de “malédiction White Hotel”. A ce sujet, on lire l'article sur vanityfair.com
Les Doukhobors sont une secte chrétienne d'origine slave, installée au Canada. Doukhobors signifie “lutteurs de l'esprit”. Les Doukhbobors rejetaient le gouvernement des hommes, les prêtres russes orthodoxes, les icônes, tous les rituels ecclésiastiques, la Bible à l'exception des Évangiles et le caractère divin de Jésus de Nazareth. Ils étaient par ailleurs d'ardents pacifistes, ce qui leur valut à double titre, religieux et politique, une dure répression en Russie, de la part tant des autorités tsaristes que de l'église orthodoxe, subissant tortures, exil et privations de liberté. A la fin du XIXe siècle, les Doukhobors commencèrent à quitter la Russie en masse. Ils choisirent le Canada pour isolation et son caractère pacifique, et le fait que ce pays était disposé à les accueillir, et ils s'y installèrent en 1899.
Après la palme d'or de Papa est en voyage d'affaires, Emir Kusturica s'est longuement intéressé aux Doukhobors, et a même fait un voyage à l'embouchure du Saint Laurent pour en rencontrer les déscendants. Il a parlé de ce projet à plusieurs reprises, mais s'en est détourné pour réaliser Le temps des gitans.
Après Te souviens-tu de Dolly Bell ?, Emir Kusturica a co-écrit un scenario intitulé La stratégie de la pie voleuse. C'est finalement Zlatko Lavanic (l'assistant réalisateur sur Papa est en voyage d'affaires) qui l'a réalisé en 1987, avec notamment l'acteur Davor Dujmović.
Depuis plusieurs années, Emir Kusturica a commencé la rédaction d'un livre : Le Journal d'un idiot politique, qui racontera en 12 chapitres des souvenirs de son enfance, des clichés comiques, tragiques ou absurdes de sa propre existence. Lors de récentes interviews, il a affirmé l'avoir terminé. Peut-être un jour ce manuscrit sortira-t-il du tiroir ?
Alors étudiant à Prague en 1977, Emir Kusturica a écrit un scénario intitulé La Maison de la voie sans issue (Kuca u slijepoj ulici), mais ne l'a jamais réalisé.